Laissant macérer la pellicule dans des bocaux remplis d’eau, j’observe plusieurs transformations possibles de la matière : certaines bandes bleuissent et rendent l’eau rose, d’autres se séparent en deux, déliant l’image-même de la « matière pellicule ». Cette autonomisation de l’image, séparée de son cadre cinématographique, matérialise l’idée d’un souvenir isolé, libre, ondoyant au gré des remous de l’eau. La couleur du film se diffuse et teinte l’eau, rendant préhensible une mémoire devenue matière ; une matière impalpable et flottante, qui nous échappe.